lundi 29 octobre 2012

La galerie Perrotin au 909 Madison Avenue


Après Miami en 2004, Hong Kong en 2012, Emmanuel Perrotin étend son empire jusqu'au 909 Madison Avenue à New York, ancien bâtiment des années 30 de la banque de NY, l'inauguration de cette nouvelle galerie sera prévue pour 2013.

Quelques collages de Christophe Brunnquell

Christophe Brunnquell, CLOSE
Christophe Brunnquell, EMMANUELLE
Christophe Brunnquell, AUTO
Christophe Brunnquell, SR
blog de Christophe B

samedi 27 octobre 2012

Yue Minjun, l'ombre du fou rire

La fondation Cartier va présenter prochainement à travers une grande exposition intitulée L'ombre du fou rire les peintures cinglantes aux sourires inquiétants de l'artiste Yue Minjun. Communiqué de la Fondation :

Du 14 novembre 2012 au 17 mars 2013, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente la première grande exposition européenne consacrée à Yue Minjun. Une occasion unique de découvrir le travail de cet artiste chinois aujourd’hui reconnu et dont la célébrité contraste avec la grande discrétion. Revisitant les codes du grotesque par une iconographie haute en couleur et hantée de personnages au rire énigmatique, son oeuvre porte un regard ironique et désabusé sur le contexte social de la Chine contemporaine et sur la condition humaine dans le monde moderne. À travers près de 40 tableaux issus de collections du monde entier, ainsi qu’une multitude de dessins encore jamais montrés au grand public, l’exposition dévoile l’esthétique singulière et complexe d’une oeuvre qui se dérobe à toute interprétation.

Un artiste à l ’image d’une génération fortement marquée par l’histoire de la Chine contemporaine : le rire comme exutoire.
Né en 1962 à Daqing, dans la province de Hei Long Jiang en Chine, Yue Minjun peint d’abord en amateur, avant de partir étudier l’art en 1985 à l’École normale de la province du Hebei. C’est dans la communauté d’artistes du village de Yuanmingyuan, près de Pékin, au début des années 1990, qu’il commence à définir son style ainsi que les contours de son principal sujet : le rire. Au même moment se développe un nouveau courant artistique dont Yue Minjun a souvent été considéré comme un des principaux représentants, le « réalisme cynique », né au debut des années 1990. Marqués par un climat social tout à fait différent de celui des années 1980, et par l’ouverture de l’économie chinoise au marché mondial, ces jeunes artistes rompent à la fois avec le « réalisme socialiste » et avec les avant-gardes. Ils portent un regard plus acerbe et moins idéaliste sur leur environnement : « C’est pour cela que le fait de sourire, de rire pour cacher son impuissance a [une grande] importance pour ma génération. » dit Yue Minjun en parlant de ses débuts.

Yue Minjun, Untitled, 1994 Huile sur toile, Collection privée
Autoportraits : un même éclat de rire lancé à la face du monde.
Ainsi, les visages peints ou sculptés qui parcourent l’oeuvre de Yue Minjun, la bouche béante et les yeux fermés, conservent-ils dans leur extravagance la fixité de masques impénétrables. « Ce rire stéréotypé fait écran à toute quête d’intentionnalité, il dresse un mur, interdit le dedans, bloque toute sensibilité, écrit François Jullien dans le catalogue publié à l’occasion de l’exposition. Il affiche, sous son explosion à répétition, qu’il ne peut rien y avoir à communiquer. » Ces portraits, d’abord inspirés des amis de l’artiste, se fondent peu à peu dans un seul et même visage, celui de Yue Minjun, apparaissant dès lors comme autant de miroirs reflétant ce que chacun veut y voir : une caricature de l’uniformisation de la société chinoise, un moyen de survivre dans un monde devenu absurde, ou une simple forme d’autodérision de la part de l’artiste. La reproduction de ce rire se révèle dans le même temps source inépuisable de possibles graphiques, les mêmes personnages aux traits immuables et stylisés occupant seuls la toile ou se démultipliant à l’infini. Mises en scène de façon caricaturale, cocasse, poétique ou tragique, ces étranges figures héritent des codes de certains dessins animés où tout semble possible et où l’absurde devient norme.

Yue Minjun, The Sun, 2000 Acrylique sur toile Collection privée
Yue Minjun, On the Rostrum of Tiananmen, 1992 Huile sur toile Collection Herman Iskandar, Jakarta
Au-delà du « réalisme cynique » : une esthétique au scénario secret.
Au-delà d’une stricte catégorisation, Yue Minjun déploie dans ses tableaux une esthétique qui lui est propre – déroutante et d’une grande diversité, à la manière d’un scénario au déroulé secret. S’y côtoient les hauts lieux publics de la Chine, voitures de marque, avions et dinosaures, ou encore les références à l’imagerie populaire chinoise et à l’histoire de l’art, en des jeux d’assemblages et d’associations d’images où l’artiste se laisse une liberté d’exécution totale et où chaque signe reste ouvert à l’interprétation. Ainsi l’artiste brouille-t-il comme à plaisir les repères dans le tableau The Execution, inspiré de La Mort de l’Empereur Maximilien de Mexico d’Édouard Manet (1868) dont tous les protagonistes sont remplacés par des personnages souriants, avec au second plan une évocation directe de l’enceinte de la Cité interdite. De même, dans la série évoquant la question de l’absence dans l’image, il reproduit à l’identique les tableaux des grands maîtres de la peinture occidentale et chinoise, en les vidant de l’ensemble de leurs personnages. Ne subsiste que le fond, véritable décor de théâtre désert révélant des paysages lunaires et des architectures surprenantes ou méconnaissables. Face à cette capacité de variation infinie, le visiteur se perd dans un jeu aussi dépourvu d’issue que les immenses paysages labyrinthiques de l’artiste. C’est là que résident toute la force et la subtilité d’une oeuvre qui n’a cessé d’évoluer depuis les années 1990. Entre répétition et variation, chaque tableau acquiert une résonance au sein d’un ensemble dont la puissance visuelle hors du commun est révélée par le regroupement, pour la première fois dans un même espace, de ces oeuvres aussi mystérieuses que dérangeantes.

Yue Minjun, The Death of Marat, 2002 Huile sur toile Collection privée, Pékin

mardi 9 octobre 2012

Cindy Sherman, Gagosian Gallery Paris

Cindy Sherman, untitled (#547), 2010-2012
Courtesy Gagosian Gallery
Cindy Sherman, untitled (#513), 2010-2011
Courtesy Gagosian Gallery
Cindy Sherman, untitled (#540), 2010-2012
Courtesy Gagosian Gallery
L'imposante et majestueuse Gagosian gallery du 4 rue de Ponthieu à Paris présente jusqu'à demain les photographies récentes de Cindy Sherman. 
Cette artiste contemporaine est l'une des plus fascinantes de notre époque. Aujourd'hui âgée de 58 ans, l'artiste se photographie depuis qu'elle a 23 ans. Elle arrive toujours à inventer, explorer et créer à travers ses autoportraits aux mises en scène sophistiquées aussi étranges que saisissantes. Les décors de cette série représentent des paysages des îles Capri, Stromboli, et Shelter Island qui ont été retouchés numériquement pour créer un "effet tableau" et une impression de touche de pinceau légèrement floue. Les avatars de Cindy Sherman apparaissent très nettement en contraste sur les paysages créant une atmosphère étrange et surréaliste. Ces avatars sont comme toujours très travaillés, sur certaines photographies le visage de l'artiste est presque méconnaissable transformé à l'aide de faux sourcils et perruque. L'artiste est vêtue de différents costumes, sur certains clichés elle porte des tenues de haute couture des années 1920 conçue par Coco Chanel.
A travers cette exposition on s'aperçoit que Cindy Sherman se réinventera éternellement, nous propulsant dans cet univers étrange aux milliers de visages et décors qui n'appartiennent qu'à elle.

Cindy Sherman, untitled (#551), 2010-2012
Courtesy Gagosian Gallery
Cindy Sherman, untitled (#548), 2010-2011
Courtesy Gagosian Gallery
Communiqué de la galerie :
Travaillant exclusivement comme son propre modèle depuis plus de trente ans, Sherman se transforme sans cesse pour faire face aux complexités de l'identité à travers des photographies qu'elle contrôle en tant qu'auteur, metteur en scène et styliste. Artiste accomplie, elle saisit toute manipulation possible de son visage et de son corps avec son appareil photographique, captant les expressions les plus nuancées de ses traits souples, et affinant les moindres détails structurels depuis les ongles jusqu’aux accessoires. Révélant une multitude de fausses identités, de l'adolescente accablée à la femme au foyer de banlieue, à l’aristocrate de la Renaissance ou encore la femme mondaine d’un certain âge, Sherman continue d'explorer la gamme inépuisable des apparences sociales et des profils psychologiques que les femmes ont revendiqués tout au long de l'histoire.

Dans les photographies les plus récentes de Sherman, d’obscures figures féminines se tiennent debout devant de vastes et inhospitaliers paysages naturels. Habillées de vêtements sophistiqués, elles semblent en contradiction avec les décors de plaines désolées, hivernales et mystiques et d’arbres dénudés. La dynamique entre les femmes et leurs environnements étrangers varie, faisant parfois allusion à des récits spécifiques, alors que dans d'autres, elles semblent apparaître un peu par hasard. Dans Untitled(# 551), elle porte une robe en or et cobalt perlé sur toute la longueur, rehaussés d'un haut col royal. Son turban de soie simple et son visage nu contrastent avec la somptuosité de ses vêtements. Son regard bleu clair, toujours aux aguets et ses mains légèrement serrées dans un geste d’espoir invitent le spectateur à franchir le lit de rivière couvert de mousse qui se trouve dans son dos. Dans Untitled (# 547), une sorcière fantasmatique plane au bord d'un paysage marin orageux. Vêtue d'une longue robe noire embellie d’un boléro, elle regarde d’un air absent, son visage abimé par l’âge et encadré par ses longs cheveux blancs flottants. Dans Untitled (# 552), elle porte une robe noire sévère, des gants blancs assortis à son col en dentelles et volants. Avec sa coupe au carré rousse et son air profondément renfrogné, elle ressemble à une gouvernante désapprobatrice ou à une domestique en colère d’un autre âge. Dans chaque image, la figure féminine apparait plus grande que le monde naturel qui l’entoure, une inversion de la hiérarchie romantique.
Dans cette série, elle a photographié les paysages sur les îles de Capri et de Stromboli, en Islande lors de l'éruption volcanique de 2010, et à Shelter Island, à New York. Ensuite, elle les a manipulés numériquement pour créer des effets pictauraux luxuriants, en peaufinant les paysages marins rocailleux et les nuages de cendres volcaniques pour rappeler les paysages de Barbizon ou les cieux divins de Turner. Elle s’est ensuite photographiée elle- même en costume devant un écran vert dans son atelier, laissant son visage sans maquillage, et en le retouchant, numériquement. Cette série de photographies, issue d'un projet éditorial pour le magazine Pop, utilise des vêtements des archives Chanel. Les tenues portées par Sherman vont de la haute couture des années 1920 conçue par Coco elle-même à la création contemporaine de Karl Lagerfeld ; les vêtements somptueux et élégants, avec leurs tissus, leurs plumes, leurs volants et leurs broderies de perles resplendissantes, créent un contraste saisissant avec l’intensité maussade du paysage environnant. Ces photographies attirent clairement l'attention sur la nouvelle technique qu’utilise Sherman, superposant les artifices, tout en embrassant les convenances populaires et les processus de la photographie numérique.

Cindy Sherman est née en 1954 dans le New Jersey. Elle vit et travaille à New York. Son travail a fait l'objet d'innombrables grandes rétrospectives internationales, parmi lesquelles « Cindy Sherman: Retrospective », au Musée d'Art Contemporain de Chicago (1997, puis au Musée d'Art Contemporain de Los Angeles, et à la Galerie Rudolfinum, Prague ; Centro Cultural de Belém, Lisbonne ; Musée d'art contemporain de Bordeaux ; Musée d'Art Contemporain, Sydney et Art Gallery of Ontario, Toronto jusqu'en 2000); « Cindy Sherman » à la Serpentine Gallery de Londres et au Scottish National Gallery of Modern Art (2003), et « Cindy Sherman: A Retrospective », Jeu de Paume, Paris (2006, puis au Kunsthaus Bregenz, en Autriche, au Louisiana Museum for Moderne Kunst, au Danemark, et au Martin-Gropius-Bau, Berlin jusqu'en 2007). Une rétrospective itinérante a ouvert ses portes en février 2012 au Museum of Modern Art, New York et est actuellement présentée au San Francisco Museum of Modern Art. Elle sera présentée ensuite au Walker Art Center, Minneapolis et au Dallas Museum of Art en Juin 2013.

www.gagosian.com

jeudi 4 octobre 2012

Katrien Van Hecke & Ingrid Verhoeven été 2013

à gauche la maman de Katrien porte la collection hiver 2011 (inspirée par Basquiat), au milieu Katrien porte la collection "Rust" été 2012 (avec de la rouille insérée dans le tissu) et à droite Ingrid porte son collier de la collection "Cloud"
L'une crée des vêtements, l'autre des bijoux, Katrien Van Hecke et Ingrid Verhoeven sont des créatrices belges mélangeant design et art. Leur processus de création ressemble à celui de plasticiennes et donne lieu à la réalisation de pièces uniques.




Ingrid Verhoeven a réalisé la collection Cloud à travers laquelle elle retranscrit dans des bijoux en argent et en papier l'univers des artistes, sculpteurs ou architectes qui l'inspirent (Isamu Noguchi, Eduardo Chillida, Constantin Brancusi, Anthony Caro, George Vantongerloo, Alexander Calder, Josef Hoffmann, Ettore Sottsass, Eileen Gray, le Corbusier, Gerrit Rietveld, Josef Albers, Egon Schiele,  Kandinsky et Matisse).

communiqué de presse :
Ingrid Verhoeven has translated her favorite modernistic paintings and her aspirations to experiment with unusual materials into a new line of jewellery: the CLOUD collection. In her design she has worked with paper and precious metals (paper-thin silver), thus creating a particular style and atmosphere. The result is light in weight and structure. 
DESIGN PROCESS 
I felt the urge to make necklaces but didn’t just want to make a pendant on a chain as you mostly see in the designs of colliers. I like my work to be more graphical. My examples I find in the arts, not so much in other jewellery. A year ago I found a book about Alchimia (Italian design, from the Eighties). This book shows images of cupboards from around 1940 that were repainted with paintings of Kandinsky. It was a first step to the development of the crazy furniture of -for example- Sottsass. This step -from Modernism to the Eighties design- really interested me. I wanted to do the same thing. Translate the feel of the arts to my own work. I have files at home with images of my favourite artists. I like for instance the work of a lot of sculptors; Isamu Noguchi, Eduardo Chillida, Constantin Brancusi, Anthony Caro, George Vantongerloo, Alexander Calder. I love Constructivism and also like architects like Josef Hoffmann, Ettore Sottsass, Eileen Gray, le Corbusier, Gerrit Rietveld. And then the painters! Josef Albers, Egon Schiele (his colours!), Kandinsky, and the cut outs of Matisse. I can go on forever, the list is long. In the first cloud collection the main example was Kandinsky, in the second cloud collection I realise that there is a hint of Eileen Gray in my silver pieces.





Katrien Van Hecke a travaillé avec des épices et des pigments sur la soie pour réaliser des impressions uniques.
(...) article en cours

katrien-van-hecke-collection-aw-2011
katrien-van-hecke-ete-2012
www.ingridverhoeven.com

mercredi 3 octobre 2012

fashion week Paris été 2013

3 shows spectaculaires : Gareth Pugh et son univers de science fiction gothique japonisan, Rick Owens (collection Island) avec son mur de nuages dégoulinant, ses muses pâles et transparentes aux coiffures sculpturales et enfin le défilé particulièrement graphique Louis Vuitton avec un Marc Jacobs inspiré par les damiers et Martine prend l'avion tant les modèles ressemblent à des petites poupées hôtesses de l'air.