mercredi 21 novembre 2018

Mapplethorpe : Look at the Pictures

Dans la salle des archives au début du documentaire, face à l’autoportrait au fouet, la conservatrice Britt Salvesen et son collègue sont embarrassés pour commenter ce qu’ils voient : “Je me souvenais d’une image plus contrastée”,“La main est fantastique, on dirait qu’il libère son ombre” et enfin “d’autant que le fouet sort du cadre”. Les conservateurs semblent avoir quelques problèmes de vue. Look at the picture ! Le fouet présent sur cette photographie sort de l’anus de Mapplethorpe. Ce dernier, corseté dans une tenue sadomasochiste, présente en offrande son derrière d’où sort un immense fouet qui serpente jusqu’au sol, semblable à un intestin. La mise en scène est soignée, l’artiste regarde l’objectif avec un air espiègle, il s’amuse !


Cet autoportrait saisissant voire tétanisant, en dit long sur Mapplethorpe, artiste anti-conformiste par excellence, pour qui la liberté d’expression est une évidence, et sa sexualité débridée le fondement de son œuvre. Le film Mapplethorpe Look at the Pictures retrace le parcours du photographe sulfureux à travers les témoignages de ses proches depuis son enfance dans sa famille aux valeurs puritaines jusqu’à son agonie du sida. Durant toute sa vie, la quête de l’esthétique parfaite sera l’obsession de l’artiste, accordant autant d’importance à la forme d’un pénis qu’à celle d’une fleur. Mapplethorpe laissera derrière lui une œuvre prolifique n’ayant jamais cessé de se sophistiquer.



Mapplethorpe Look at the Pictures est réalisé par Randy Barbato et Fenton Bailey, visible jusqu’au 13 février 2019 sur arte https://www.arte.tv/mapplethorpe-look-at-the-pictures

à lire et acheter :
https://boutique.musee-rodin.fr/mapplethorpe-rodin.html 

à lire aussi :
Robert Mapplethorpe, XYZ, un hymne au pénis !

lundi 12 novembre 2018

Les bijoux de famille de Laurent Spielvogel



Précipitez-vous pour réserver vos places au théâtre de l’Archipel afin de découvrir Les bijoux de famille écrits et interprétés par le truculent Laurent Spielvogel et mis en scène par Jérôme Sanchez. Attention il ne reste que quelques dates : du 5 au 8 décembre.
Le comédien se moque avec une sensibilité à fleur de peau et un humour décapant de celles et ceux qui l’ont marqué dès son enfance dans son quartier du marais : sa mère juive, sa grand-mère juive, son professeur de théâtre, le rabbin misogyne cracheur de graines de tournesol, son petit ami, la gardienne de limmeuble, ses amis homosexuels entre autres. On rit beaucoup en écoutant tous ses personnages hauts en couleur. La grand-mère espiègle à l’accent yiddish fortement prononcé est particulièrement drôle.
Laurent Spielvogel se métamorphose à une vitesse prodigieuse, il change de voix, d’accent, de visage et de sexe en un rien de temps. Une mimique, une intonation, un regard suffisent pour donner une identité à chaque personnage. Une prouesse d’acteur mise en valeur par un texte ciselé. Une perle d’humour à découvrir pour rire abondamment et passer un excellent moment !

“Cela fait trente ans que j’écris et que je joue des spectacles seuls en scène. C’est ce qui m’a fait naître comme comédien et m’a donné l’axe de mon parcours. Écrire est partie prenante de mon envie de jouer. Dans ce dernier spectacle, j’ai eu le désir de raconter des épisodes de mon enfance et de ma jeunesse et de faire vivre et revivre les personnages centraux de ma famille. Drôlerie et intimité. Pourquoi ce titre « Les Bijoux de famille » ? Pas seulement pour évoquer avec humour l’éveil à la sexualité dans un contexte familial puritain mais aussi parce que les bijoux ont toujours fait partie de mon univers : mon père et mon grand-père étaient bijoutiers ! Quant à moi, je tente de sertir, de polir et de faire briller les mots…”
Laurent Spielvogel

du mercredi 5 décembre au 8 décembre à 20h30
L’ARCHIPEL, 17 bd de Strasbourg, 75010 PARIS
Email : billetterie@larchipel.net
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