mardi 13 octobre 2009

Interview Christophe Le Gac

Éditeur et enseignant à l’école des Beaux-Arts d’Angers, Christophe Le Gac partage sa passion de l’art contemporain et de l’architecture à travers ses deux métiers. Il a fondé sa maison d’édition, Monografik édition en 2006 « par amour des beaux livres et des œuvres d’art » où il publie des ouvrages sur l’art contemporain, l’architecture, la photographie.
Également critique d’art et d’architecture pour art press, il reste attaché à l’écrit et sa liberté de ton en éditant Particules un journal critique sur l’art contemporain.
Le journal est gratuit et distribué dans de nombreuses galeries. Depuis peu, il développe une collection de livres d’art sur la photographie.

Depuis quand es-tu éditeur ? tu as commencé il y a longtemps je crois avec une revue qui s’appelait Parpaing dont tu étais le rédacteur en chef…
J’ai commencé en 1993 au Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de Seine-Maritime. Alors objecteur de conscience, j’ai conçu et réalisé un ouvrage sur l’architecture bio-climatique. Ensuite, toujours pendant mes études d’architecture, j’ai lancé, avec Alice Laguarda (étudiante également), Visuel(s), revue d’arts. Sous forme associative, nous publions six numéros, de juin 1997 à juillet 2000, sur l’art, l’architecture, le cinéma et la philosophie. Grâce à Jac Fol (enseignant d’esthétique à l’ENA de Rouen), nous avons rencontré Jean-Michel Place en 1999 et avons créé ensemble le journal Parpaings. Pendant quatre ans, trente-quatre numéros ont paru sur l’art, l’architecture et le paysage. Le périodique a été stoppé par Jean-Michel Place en 2002, au moment où il commença à avoir des ennuis financiers. Depuis il a fait faillite. Alors que je mettais en ligne le site archiart , en 2002, avec l’Ecole d’Architecture Quai Malaquais (Paris) ; j’ai rencontré, en 2003, le fondateur de Bookstorming et je lui ai inventé et laissé le magazine Archistorm et la maison d’éditions Archibooks. Enfin, j’ai fondé monografik éditions (distribué et diffusé par le Comptoir des Indépendants) tout en étant enseignant à l’Ecole Supérieur des Beaux-Arts d’Angers et critique d’art et d’architecture chez art press.
Quand et pourquoi as-tu fondé Monografik édition ?
Comme je l'ai dit dans la réponse précédente, j’ai du quitté pour beaucoup de raisons Archistorm et Archibooks fin 2005. Alors, je savais que je devais monter ma structure seule. Monografik éditions démarre avec deux livres sur la photographie contemporaine en avril 2006. Grâce aux soutiens divers et variés, de Philippe Magnani (responsable de la diffusion chez Paris-Musées), Paul Ardenne (directeur de la collection photographie), Julie Rouart (directrice de collection chez Flammarion) et Philippe Chiambaretta (architecte) et le Musée des Beaux-Arts d’ Angers, j’ai pu monté un catalogue avec sept collections (art, architecture, design, photographie, graphisme, écrits, extra) solliciter et recevoir les demandes des artistes, des architectes, des galeries, des centres d’art, des FRAC, des fondations, des musées… L’idée est de me constituer une collection de livres d’art et d’éditer par critères esthétiques avant tout. Même si je dois les vendre.
Comment choisis-tu les artistes, photographes, auteurs avec lesquels tu réalises des livres ?
Deux scénarios se présentent régulièrement. Un : une institution publique ou privée, un artiste, un architecte… m’appelle. Nous parlons de son projet sous un angle éditoriale et économique. Evidemment je n’accepte que les projets dont le travail me fascine. Deux : à l’occasion d’une exposition ou de tous autres événements (vernissage, visite d’exposition, colloque, etc), je parle du plaisir que j’aurai à faire un livre avec un artiste ou sur une exposition, un bâtiment, une réflexion. Soit c’est d’actualité ou pour plus tard. Depuis maintenant plus de trois ans, plus d’une quarantaine d’organismes et de créateurs ont collaboré avec monografik éditions.
Quelles sont les principales institutions culturelles avec lesquelles tu collabores ?
Le Centre Pompidou, le Musée des Beaux-Arts d’Angers, le Plateau, le FRAC Aquitaine, le FRAC Pays de la Loire, la Ville de La Rochelle, l’Etat français (cultures France, ambassade, CNAP…), le Royaume de Belgique, la Villa Arson, la Foncière des Régions…
Que penses-tu de la presse dans le domaine de l’art ?
Vaste question. La presse est un élément indissociable du milieu de l’art. Au même titre que le marché de l’art et les lieux de diffusion, la presse spécialisée permet de valider ou pas les intentions des artistes. Les critiques sont des spectateurs professionnels au même titre que les collectionneurs. Comme dans tout milieu, il y en a pour tout le monde. Du plus grand public (Beaux-Arts magazine), au plus pointu (Particules), en passant par la revue la plus respectable (art press).
Parle-moi de Particules et de son rédacteur en chef, Gaël Charbau.
Gaël Charbau, Particules… Lors d’un workshop à l’Ecole Supérieure d’Art et de Design de Reims, voisin de l’artiste Damien Deroubaix, ce dernier me disait : « Particules est suspendu depuis un an, son rédacteur en chef, cherchait à le relancer ». Un mois plus tard, Gaël et moi, nous nous sommes rencontrés et il m’a parlé de la fondation de Particules. Après l’arrêt de Parpaings, il lui semblait obligatoire qu’un support radical, exigeant et sous forme de journal soit disponible. Vu la situation en kiosques, le faire gratuit était la seule solution pour être lu au maximum. Logiquement monografik éditions a relancé le journal de réflexions sur l’art actuel Particules. Je ne suis pas toujours d’accord avec tout le contenu mais je ne suis pas du genre comme beaucoup d’autres éditeurs à faire de l’ingérence dans les rédactions. De toute façon, l’association avec Gaël est nette et définitive. Il gère le contenu et la forme. Je gère le financement et la valorisation.

Propos recueillis par Alice Bénusiglio en juin 2009.

www.monografik-editions.com

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