vendredi 2 juillet 2010

La petite renarde rusée, musique de Leoš Janáček, mise en scène par André Engel. Opéra Bastille, Paris.



Elena Tsallagova (la Renarde) & Hannah Esther Minutillo (le Renard)
© B. Uhlig / Opéra National de Paris


"Une fable légère et profonde, naïve et mélancolique, mêlant et confondant parfois les animaux et les hommes. En 1924, l’année de la création de La Petite Renarde rusée, Leoš Janácek avait soixante-dix ans. Il était encore inconnu du grand public et Erwin Schulhoff se souvenait plus tard de son énergie phénoménale, de la jeunesse sauvage de son regard. C’est la vie même qui s’écoule ici, la sève qui jaillit, le cycle perpétuel des saisons, de la mort et de la naissance à l’ombre des mêmes arbres. La campagne morave, que le compositeur n’a jamais quittée, se fait le grand théâtre de l’existence. Et puisque tout passe, seuls compte la liberté, l’amour reçu et donné, la transmission du bonheur d’être au monde. La petite renarde l’a mieux compris que tous les humains. Elle pourrait nous donner des leçons, mais s’en moque tout à fait. Avec une fantaisie ineffable, Janácek écoute et retranscrit le chant éternel de la terre." Opéra national de Paris

La Petite Renarde rusée (Příhody lišky Bystroušky en tchèque) est un opéra très original composé par Leoš Janáček entre 1921 et 1923 d'après une bande dessinée feuilleton, et créé le 6 novembre 1924 à Brno.
Résumé de l'histoire : Un garde-chasse s'empare d'une renarde et veut en faire un animal domestique comme un autre. Bien entendu, Il n'y arrive pas et la petite renarde ne tarde pas à s'échapper. Elle court dans les bois, batifole et...tombe amoureuse d'un renard. Ils se marient et ont beaucoup de petits renardeaux jusqu'au jour où la petite renarde tombe sous les balles d'un chasseur.

Cet opéra est un enchantement malgré l'histoire non dénuée de cruautés et d'injustices. La musique vaporeuse faisant penser à du Debussy, l'élégance des textes, la beauté des décors rendent cette œuvre particulièrement savoureuse. On notera la mise en scène contemporaine très réussie d'André Engel avec des trouvailles poétiques et drôles, une chenille tire un cerf-volant, le renard amoureux est nerveux et n'arrive plus à allumer ses clopes, etc. Les costumes d'Elizabeth Neumuller sont épatants : ceux des poules en tenues de nuit tout en frou-frou blancs et roses sont franchement comiques, celui de la chenille avec sa quantité de mains qui pendouillent en guise de pattes n'est pas mal non plus, la grenouille en ciré vert et bottes en caoutchouc est également très réussie. Le mélange humain-animaux est saisissant et très bien vu. Cet opéra est à déguster sans modération pour les petits et les grands jusqu'au 12 juillet à l'Opéra Bastille.


Michael SchønwandtDirection musicale
André EngelMise en scène
Nicky RietiDécors
Élizabeth NeumullerCostumes
André DiotLumières
Françoise GrèsChorégraphie
Alessandro Di StefanoChef de Chœu

Jean-Philippe Lafont Le Garde-chasse
Michèle Lagrange Sa Femme, La Chouette
Luca Lombardo L’Instituteur
Gregory Reinhart Le Prêtre
Paul Gay Harašta
Adriana Kucerova La Renarde
Hannah Esther Minutillo Le Renard
Letitia Singleton Le Chien
Elisa Cenni Le Coq, Le Geai
Natacha Constantin La Poule huppée
Paul Crémazy Le Moustique

Orchestre et choeur de l’Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine ⁄
Chœur d’enfants de l’Opéra national de Paris


Opéra de Paris
article rue 89

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